Les putschistes des Fidji libèrent leurs dix-huit derniers otages

Mis à jour le jeudi 13 juillet

Les putschistes des Fidji libèrent leurs dix-huit derniers otages

LES PUTSCHISTES fidjiens ont relâché, jeudi 13 juillet, les dix-huit derniers otages, dont le premier ministre destitué, Mahendra Chaudhry, qu'ils détenaient au Parlement de Suva depuis le 19 mai et les ont remis à la Croix-Rouge. Les rebelles leur ont dit au revoir de la main lorsque les véhicules de la Croix-Rouge ont franchi les grilles du Parlement tandis que des dizaines de personnes manifestaient leur joie dans la rue. A leur arrivée au siège de la Croix-Rouge, les otages devaient être examinés par deux médecins. Un attroupement de quelque 300 personnes s'était formé à l'extérieur du bâtiment pour les accueillir.

Auparavant, le grand conseil des chefs, une assemblée non élue de chefs traditionnels indigènes de Fidji, se préparait à lancer un ultimatum aux rebelles, les menaçant de ne pas être amnistiés s'ils ne relâchaient pas les otages, selon une source militaire.

La libération de tous les otages en échange de l'amnistie pour les auteurs du coup d'Etat était au centre d'un accord, signé dimanche 9 juillet, entre l'armée, qui a pris le pouvoir afin de mettre fin aux troubles politiques, et les rebelles emmenés par l'homme d'affaires en faillite George Speight. Celui-ci avait pris en otage M. Chaudhry, premier chef du gouvernement d'origine indienne à diriger l'archipel, et plusieurs députés et ministres, le 19 mai, en affirmant agir " au nom de la population indigène de l'île " pour défendre ses intérêts.

CLIMAT D'ANARCHIE DANS L'ARCHIPEL

Neuf otages avaient déjà été libérés mercredi. Le grand conseil des chefs, réuni dans une caserne près de Suva, devait nommer jeudi un président et un vice-président auxquels sera transféré le pouvoir exécutif détenu par l'armée depuis l'instauration de la loi martiale, le 29 mai. Le coup d'Etat et les troubles qui en ont résulté ont fait un mort et quelques blessés. L'instabilité a laissé s'instaurer un climat d'anarchie dans l'archipel.

Pour la deuxième fois en deux jours, des partisans des putschistes se sont emparés, mercredi 12 juillet, d'une île pour vacanciers : Laucala, au nord-est de Suva, a été investie par des habitants de l'île voisine de Qamea, selon une radio locale. " Des jeunes de Qamea sont maintenant armés de trois fusils appartenant aux agents de sécurité de l'hôtel ", a précisé la radio. " Le gérant de l'hôtel et sa famille ont été pris en otages. "

La veille, une autre île pour vacanciers, Nanuya Levu, avait été également aux mains de ses habitants, qui avaient pris le contrôle de l'hôtel Turtle Island, avant d'autoriser, mercredi, les quarante-cinq touristes étrangers présents à quitter l'île. - (AFP, Reuters.)

Le Monde daté du vendredi 14 juillet 2000

 

 

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Last update: August 27, 2001